Mardi Himal Trek : froid, montagne et petits tracas !

Après un court séjour à Pokhara, histoire de préparer notre trek, nous partons à la conquête de l’Annapurna !

Cette région regorge de treks en tout genre (Annapurna Base Camp, Poon Hill, le tour des Annapurnas, etc.) qui ont des durées variables.

Il est donc difficile de faire un choix !

Comment avons-nous choisi notre trek ?

Il y a plusieurs critères qui sont entrés en jeu : la durée, la difficulté, trek touristique ou non (?), l’altitude,…

Au fur et à mesure de notre voyage, nous avons un peu marre de l’effet “toursite mouton” où tous les toursites font exactement la même chose et le même itinéraire.

Nous sommes conscients que nous en faisons partie mais, pour une fois, on dit non pas cette fois !

 Nous voulions un trek plus authentique !

En faisant plusieurs recherches, nous sommes tombés comme par hasard sur le trek du Mardi Himal qui nous faisons monter à plus de 4000m d’altitude en 4 jours.

Bien que fort proposé dans les agences à Pokhara, la plupart des randonneurs décident de marcher sur des sentiers plus connus.

Pourtant, tous les népalais qu’on rencontrait disaient que le Mardi Himal était un très bon choix. Du coup, ils nous ont réconfortés sur cette idée.

Ce qu’il faut faire avant de partir trekker dans les Annapurnas !

Au Népal, vous ne pouvez pas trekker comme des chèvres égarées, non, non, il faut avant tout se procurer un permis de trek et une carte tims qui vous donnent l’autorisation de marcher dans un parc conservé.

Enfin, selon nous, c’est davantage une machine à fric bien huilé puisque le montant augmente chaque année.

Attention, vous devrez vous munir de 4 photos d’identité !

Le permis trek : 2000 roupies/15 € (par pers.)

La carte Tims : 3000 roupies/ 23€ (par pers.)

 

Le Mardi Himal, en chiffres,

ça signfie quoi ?

ºSur base de nos choixº

° 4 jours de marche
° 64 km
° atteint les 3500m d'altitude
° marché 2 jours dans la neige
° Dépensé 9.180 roupies (soit 73€) sur place.

Récit de notre expérience

Jour 1 : De Pokhara à Forest Camp (14km / 6h30)

C’est le moment de partir en trek ! Pour cela, on se lève à 5h du mat’ pour prendre le premier local bus qui nous emmène à Kande.

Le gérant de notre hôtel nous dépose jusqu’à la sation des bus locaux à 10 min en voiture.

Il fait toujours nuit mais la vie est déjà bien réveillée. On voit des magasins ouverts, des gens se brosser les dents sur le trottoir, des étudiants attendrent leur bus,….

Et nous, on a encore nos yeux en kikine de poupouce…..

Arrivés à la station de bus, on nous conduit directement dans le bus qui va à Kande. Enfin, ça, c’est ce qu’on croyait parce que 300m plus tard, le bus s’arrête. Puis, vient une longue attente. Au bout de 20 min., on nous dit qu’il faut changer de bus. Voilà, voilà.

On entre dans un bus complètement bondé mais le chauffeur nous trouve deux places au fond du bus.

C’est parti pour 1h de joie intense dans un bus népalais !

On arrive finalement à destination. Un petit déj’ avalé et hop, on peut entamer ce trek !

Nous avons de la chance puisqu’il fait un temps superbe. Par contre, ça grimpe sévère et au bout du 24090 escaliers (on exagère), on commence à saturer.

Lorsque nous en avons fini avec cette montée, nous arrivons à l’Australian Camp où nous faisons une pause thé.

Nous reprenons la chemin qui est beaucoup plus facile. On passe devant des beaux rhododendrons en fleurs.

Au bout de 2h30 de marche, nous atteignons notre arrêt pour manger. Le soleil est toujours là même si nous voyons au loin que les nuages se ramènent. Par la même occasion, nous ferons la connaissance de trois français (Seb, Céline et Caro) avec qui nous finirons ce trek.

Un Dal Bhat et on repart !

Après un Dal Bhat (encore), nous entamons nos 7 derniers km. Il est 13h. On nous indique qu’il ne faut que 2h30 pour les parcourir. On devrait y arriver.

Les premiers km montent raide. On enchaîne les marches, les descentes et les remarches. On sent la pluie arriver donc on se presse un peu.

Toutefois, nous décidons de faire un arrêt à un belvédère.

Par temps clair, ça doit être magnifique !

La pluie arrive !

C’est à ce moment précis que la pluie décide de se joindre à nous ! Nous nous abritons en dessous des arbres et attendons l’acalmie…. qui n’arrivera jamais !

En gros, nous avons fini cette première journée sous la pluie, l’orage, la grêle….

La totale !

Vers 16h30, nous arrivons enfin au Forest Camp. La pluie s’est arrêtée, nous pouvons nous sécher auprès d’un feu qui ne s’allumera qu’en début de soirée.

Nico part explorer les environs tandis que Steph essaye de se réchauffer comme elle peut.

Nous passerons la soirée avec nos trois nouveaux amis français autour du feu après avoir mangé….. (déviné !)…. un Dal Bhat !

A ce moment précis, nous ne savions pas que nous allons passer une nuit des plus pourries !

Jour 2 : De Forest Camp à Low Camp (4km / 2h20)

On vous évite les détails mais être malade dans des toilettes turcs, c’est pas super ! C’est tout ce qu’on peut dire de cette nuit horrible !

Après quelques médocs avalés, on s’arme de courage pour commencer cette 2ème journée. En plus, c’est jour de fête au Népal : la fête de Holi.

Appelé également la fête des couleurs, les Hindis célèbrent le début du printemps en se jetant de la poudre colorée (d’où le nom).

Tout le monde y passe !

C’est donc dans la joie et la bonne humeur que nous entamons cette journée (enfin, nos estomacs et intestins, eux, font la tronche). A chaque personne croisée, on se lance des “Happy Holi”. C’est assez chouette.

Cela nous ferait presque oublier que nous devons encore monter pas mal pour atteindre notre but. En ce mois de mars, la météo n’est pas top dans cette région du Népal et nous pouvons marcher que le matin. Donc, on se dépêche comme on peut.

Au bout d’à peine 45 min. de marche, nous aperçevons notre 1ère montange. C’est juste magnifique !

La suite du chemin alterne entre montée et descente mais cela reste relativement facile. Le plus compliqué à ce stade est l’altitude.

Nous arrivons en fin de matinée au Low Camp. Nous décidons d’y manger et d’attendre nos acolytes français qui sont partis plus tard. Nico a encore envie de marcher mais le temps se gâte vite. De ce fait, nous n’avons pas trop envie de réitérer la marche d’hier sous la pluie et grêle.

Nous décidons donc de rester au Low Camp pour aujourd’hui. Et nous avons bien fait puisqu’en milieu d’après-midi, des énormes grelons tombent averse.

Au programme de cette 2ème journée : repas, repos et basta !

Notre “logement”

Jour 3 : de Low Camp à Middle Camp en passant par le High Camp (5km / 2h30)

Après une 2ème nuit sans tracas (ouf), nous nous lèvons tôt pour entamer une grosse journée (c’est ce qu’on pensait). Cela nous laisse la possibilité d’admirer Machapuchare, la montagne qui donne sens à ce trek. S’élevant à 6993m, celle-ci est sacrée et est interdite à l’alpinisme. Elle est également surnomée “queue de poisson” à cause de sa forme par les népalais.

Nous constatons aussi qu’il a neigé durant la nuit.

Après un petit-déj barre de céréales, nous sommes parés pour entamer la dernière ascension de ce trek. Et, ce n’est pas une simple affaire. Il y a de la neige, des plaques de verglas, l’altitude se fait sentir… bref, on en bave un peu.

Au bout de quelques kilomètres, nous arrivons à un point de vue. Et quel magnifique point de vue !

Oui parce qu’il faut savoir que durant 2 jours, nous n’avons marché que dans des forêts où la vue était obstruée. Du coup, sortir des bois et voir une chaine de montagne immaculée, c’est juste incroyable.

Après avoir pris la pose et le temps d’admirer ce spectacle, nous nous remettons à marcher (parce que c’est pas tout ça mais l’horloge tourne).

Il nous suffit maintenant de marcher sur la crête jusqu’au High Camp. Enfin, ça, c’est la théorie parce qu’arriver au Middle Camp, notre petit groupe de français nous dit qu’un japonais est mort la veille en voulant monter au Base Camp. C’est donc pour ça qu’il y a un hélicoptère qui tourne depuis hier soir à la recherche du corps.

Autant dire que cela nous refroidit totalement. Le chemin devient vraiment difficile à cause de la neige. Nous hésitons longuement. Nico veut voir le High Camp tout comme Seb. Les filles resteront à attendre à Middle Camp…dans le froid le plus totale.

La vue du High Camp

Nous avions l’intention de rester là pour la nuit mais au bout de 2h à se les geler, nous demandons qu’ils allument le feu. Le responsable nous dit en se marrant :“No Fire!”….

Nous pensons à un blague. Pour couronner le tout, le camelbag de Steph a fui et tout son sac de couchage est trempé. Après quelques minutes de doute du style “Il rigole là, non?”, nous réitèrons notre demande.

“No Fire”

Il était donc sérieux….

Nous décidons donc de diner là puis de redescendre. Le cuistot fait mine de ne pas nous entendre. Au bout de quelques minutes, il daigne venir prendre notre commande en jetant son calpin de manière à ce qu’on comprenne bien qu’on le dérange très clairement puis re-jette notre commande et s’en va remplir des seaux d’eau de neige.

Voilà, voilà.

“Merci, moniseur mais le message est passé, on s’en va !”

Nous nous arrêtons au camp plus en bas, où il y a du feu. Autre problème : nous sommes 5 et il ne reste que 4 lits ! Tant pis, nous dormirons à 4 sur trois lits. Nous ne parlerons même pas des “toilettes” dont l’odeur se dégage jusqu’à l’extérieur….

Précisons que nous avons rencontré nos amigos de trek, il n’y a que deux jours ! Comme quoi, la rando, ça rapproche !!

Nous finissons la journée près du feu en mangeant et en jouant aux cartes.

 

Jour 4 : une grosse descente et puis s’en va !  (16km / 4h)

Dernier jour, premier levé avant l’aube ! Les objectifs de la journée sont de voir le lever du soleil et de rentrer à Pokhara. Autant dire qu’elle risque d’être chargée !

Le réveil fait mal mais cela vaut le coup. Nous assistons à un superbe lever de soleil complétement seuls au monde.

Après ce petit instant de détente, c’est parti pour la descente (1000m de dénivelé négatif). Pour ne pas reprendre la même route qu’à l’aller, nous décidons d’entamer un autre chemin. Il devrait nous emmener jusqu’au village de Landruk à 16km de là (données maps.me).

La fausse bonne idée…

C’est pas le plus fou et franchement, c’est pas une super partie de plaisir. Nous marchons entre la falaise et des rochers. Le pente est plus que raide et faut rester très vigilants à chaque pas.

Bon, en gros, ce n’est pas l’idée du siècle.

Au bout de quelques heures de marche, nous passons devant des travailleurs qui construisent un chemin de randonnée. Ils fabriquent chaque escalier à la force du poignet. C’est vraiment impressionnant.

Le chemin ne semble jamais s’arrêter jusqu’au moment où on entrevoit un village en contre-bas.

Y a plus qu’à comme on dit !

Nous arrivons enfin à Landruk vers 12h00.

Et vous voulez encore une bonne nouvelle ?

Allez !

Il n’y a pas de bus !!

Un mec qui a une jeep nous propose un prix exhorbitant pour monter dans son coffre. On arrive à marchander à 2500 roupies pour nous 5 (ce qui est déjà encore trop cher !).

Les pires heures de notre tour du monde !!!!

Et là, messieurs, dames, nous avons passé les pires heures jamais passées auparavant.

Imaginez…

3h dans le coffre d’un jeep assis sur des espèces de banquettes sur un chemin de terre….

On vous évitera la photo de fin où nous sommes totalement recouverts de poussière !! Une vieille dame aura même pitité de Steph et commencera à l’essuyer.

Bref, rien ne sera aussi merveilleux qu’une douche et un lit !

Nos impressions

Venir au Népal sans faire de trek, c’est tout à fait envisageable mais…pas pour nous !

Toutefois, nous ne voulions pas ne faire que ça ! Définir le Népal seulement comme une terre de trek serait dommage. Nous avons trouvé une bonne alternative en terme de durée et de paysages. Le Mardi Himal trek est réellement joli. Les dernières journées sont magnifiques puisque vous marcher avec l’Himalaya en face de vous. Par contre, nous n’étions pas prêts à la rusticité d’un trek au Népal (du moins sur celui que nous avons choisi). Autre le fait du manque d’hygiène (pour ça, nous avons l’habitude avec nos autres treks) ce qui nous a le plus dérangé est le manque d’eau potable. Aussi, étant donné une météo capricieuse, nous ne marchions que le matin. Chose inconpréhensible pour nous qui avons l’habitude de faire des bonnes journées de treks. Donc, par moment, nous avions l’impression de perdre notre temps !

Toutefois, nous n’oublierons pas de sitôt cette belle vision de montagne.

 

 

 

 
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