Jour 1 d’une cérémonie funéraire au Pays Toraja !

Nous avons eu de la chance puisque nous allons assister à la première journée d’une cérémonie funéraire d’un membre de la haute classe qui va durer 4 jours !

Du coup, nous pourrons voir réellement tous les rites traditionnels.

La veille, Erwin (notre guide) vient dans notre hôtel pour nous expliquer plus en détail sa culture.

Un peu de culture, svp !

Alors bien que célébrer joyeusement, lorsqu’une personne meurt, la famille pleure énormément.  Mais, il ne le considère pas comme décédé. Il est juste malade.

Donc, le défunt vit dans la maison (Tongkonans) comme un membre à part entière. Il est simplement placé dans la partie sud. Les membres continuent à lui parler, à lui donner des cigarettes etc.

Donc, bien qu’ils soient tristes que le « défunt » soit « malade », ils ont le temps de faire le deuil. De fait, l’enterrement ne se fait pas immédiatement. La famille doit récolter assez d’argent pour posséder les buffles, cochons nécessaires pour les festivités. Le nombre varie en fonction de la classe auxquelles tu appartiens. Pour la haute classe, il faut minimum 24 buffles pour que le défunt puisse aller au paradis. En sachant qu’un buffle coûte dans les 100.000.000.000 de roupies (+/- 6000 €), on comprend pourquoi il faut du temps pour que l’enterrement se fasse.

Alors, niveau buffle aussi, il y en a des différents. Le best of the best est l’albinos à tâche (en mode vache). Celui-là est le plus cher. Le total albinos est le moins cher.

L’albinos (motif vache) est celui qui va amener le défunt plus vite au paradis. Il a aussi besoin d’un buffle avec un rond blanc sur le front. Ce rond s’illumine dans le noir. Nécessaire pour que le défunt puisse se diriger dans des grottes. L’autre type de buffle important est celui dont les cornes se dirige une vers le haut et une vers le bas. C’est en quelque sorte la métaphore du bâton de berger permettant au mort de se déplacer.

Le premier jour de la cérémonie : comment cela se passe ?

Celle-ci commence toujours après 12 :00, lorsque le soleil est en déclin. Avant cela, les cochons sont déjà tués à la chaine (100 cochons pour nous). Ils seront servis au diner. Nous arrivons vers 11 :30. Erwin nous fait visiter les lieux. En passant, nous voyons deux, trois cochons se vider de leur sang puis dépecer… voilà, nous sommes déjà fixés !

Au milieu de l’allée se trouve le cercueil du défunt. Il n’est pas encore considéré comme mort mais malade. Nous savons qu’il s’agit d’un homme puisque le ruban rouge est placé devant. Pour la femme, il se place derrière (symbole des cheveux).

Nous nous installons et des femmes nous servent à manger : riz et papi-ong (plat typique du porc). Ensuite, les hommes font une danse traditionnelle autour du cercueil. C’est vraiment beau à voir. Ils emmènent les buffles, les femmes hissent la voile rouge du tombeau et les hommes joignent leur force pour soulever le cercueil. Il sera présenté jusqu’au bout du village.

Une fois revenu à la case départ, les hommes détruisent le tombeau et hissent le cercueil en haut d’une tour. Il y restera tout le long des 4 jours de festivités.

Le défunt est défini comme mort lorsque le buffle qui l’a accompagné tout le long de sa maladie est sacrifié à son tour.

Vient ensuite la visite des proches et des natifs du villages à la famille du défunt. La « fête » durera 4 jours non-stop.

La première journée est vraiment importante puisque c’est à ce moment-là que le malade est identifié comme mort !

Notre point de vue

Bien que cela n’ait pas vraiment d’importance puisqu’on parle de culture. Assister à une cérémonie funéraire est quelque chose d’étrange pour nous, occidentaux. Ici, les gens ne pleurent pas et fêtent le passage du défunt vers le paradis. Toutefois, cela a un caractère de voyeuriste macabre. Alors, non, nous ne venons pas là pour voir des cochons et des buffles se vider de leur sang… Mais, cela fait partie du rite. Toute la nourriture est mangée, il n’y a pas de déchets et les animaux sont tués très rapidement. Là, se pose la question de nos abattoirs… est-ce mieux ? Nous ne le pensons pas. Puis, cela fait partie de la vie ! Toutefois, ici, sans la mort du buffle, le défunt ne peut aller au paradis. C’est vraiment un point essentiel !

Alors, oui, c’est choquant, barbare (de notre point de vue) mais c’est hypocrite de les juger compte tenu de ce qu’on fait en Europe.

Ce n’est pas notre rôle non plus.

 

 
Pour le partage!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *